

Lorsque le corps dit : « Je ne peux plus. »
Lorsque l’âme dit : « Je ne veux plus. »
Alors le cœur dit : « Ça suffit ! »
Il y a certains mal-être qui ne peuvent plus s’exprimer par des mots.
C’est une sorte de fracture totale et brutale que l’on ressent à l’intérieur de soi.
Ce n’est pas un état dépressif ou suicidaire, c’est bien plus profond que cela.
C’est un état d’inconfort, de saturation, qui nous amène vers un rejet total de ce que nous sommes et vivons.
Peu à peu, cette vie humaine, ce monde auquel nous pensions appartenir, nous devient étranger. Nous ne nous y reconnaissons plus. Nous ne nous y identifions plus.
Ce n’est pas la Vie que nous rejetons, mais ce à quoi nous ne parvenons plus à nous identifier.
C’est alors que débute une étrange traversée.
Quelque chose en nous cherche à s’extraire de cette humanité devenue trop étroite, trop lourde, presque insupportable.
Nous savons que nous ne pouvons plus continuer à vivre comme avant, à être ce que nous pensions être, mais nous ne savons pas encore ce qui existe au-delà.
L’ancienne identification se défait, sans que nous sachions encore ce qui prendra sa place.
Comme la chenille entrant dans sa chrysalide, nous savons seulement que l’ancienne forme ne peut plus être. Mais pour devenir quoi ? Et pour aller où ?
C’est une traversée qui nous amène dans le rien, dans cet espace incertain où ce qui était n’existe déjà plus et où ce qui sera n’existe pas encore.
Il n’y a plus rien…
Une sensation de vide intérieur, de perte de cohérence, de motivation. Du « je ne veux plus » mêlé à des « je n’en peux plus ».
Même la spiritualité ne répond plus à nos attentes. Elle finit par susciter le rejet de ces discours sur le bien-être, sur l’idée que nous aurions choisi tout ce que nous vivons et que tout serait lumière, jusque dans la violence présente ici.
Alors, on ressent juste un besoin de se retirer du monde pour se replier totalement à l’intérieur de nous-mêmes.
Et peut-être existe-t-il encore un autre seuil. Je ne peux parler ici que de celui que j’ai moi-même traversé.
Lorsque le rejet devient si profond que même le corps, cette vie, cette identité que l’on croyait être deviennent insupportables, quelque chose peut encore se rompre à l’intérieur.
À cet instant, je ne cherchais même plus une autre vie, un ailleurs ou une autre forme d’existence.
Même la Lumière, même cet autre côté que je connaissais pourtant, je n’en voulais plus.
Tout était devenu trop.
Trop d’informations. Trop de ressentis. Trop de bruit à l’intérieur. Comme un immense brouhaha que rien ne pouvait plus apaiser.
Je ne voulais plus comprendre. Je ne voulais plus chercher. Je ne voulais même plus savoir ce qu’il pouvait y avoir après.
Il ne restait qu’une immense saturation de tout et cette envie de disparaître totalement, non pas pour aller ailleurs, mais comme si, pendant un instant, je ne voulais simplement plus appartenir à rien.
Ni ici. Ni ailleurs.
Juste ne plus être au milieu de tout ce bruit.
Et peut-être est-ce justement là que commence le dépouillement le plus profond : lorsque même ce que nous pensions devoir retrouver ne peut plus servir de refuge.
Lorsque l’on est lumière et que l’on se reconnecte à notre essence, la traversée des enfers sur cette terre devient alors impitoyable.
On ne voit pas avec les yeux du corps, mais on ressent avec les yeux du cœur. La souffrance devient alors indescriptible.
Notre humain se fissure de part en part et ne laisse que des lambeaux derrière lui.
Ce qui nous définissait avant, ce que nous pensions être avant, tout se disloque, se fissure, ne laissant qu’une âme interloquée qui se demande, après une longue nuit (vies) plongée dans un sommeil profond, ce qu’elle fait ici ou encore ici.
Elle cherche la sortie.
Elle se sent perdue, égarée, abandonnée, vide de sens et parfois de vie et d’envie.
Elle a perdu ses repères, son identité, ce qu’elle croyait être au travers de son humain. Elle sort du monde éphémère, mais n’a pas encore compris d’où elle venait.
Elle ne sait pas qu’il y a autre chose à retrouver.
En attendant, elle se replie comme dans un précieux cocon qui l’isole du monde et de tout ce qu’elle a connu auparavant, qu’elle prenait pour réalité et même normalité.
Et c’est au cœur de ce petit cocon, lorsqu’elle aura terminé cette étape de dépouillement total, qu’elle finira par se trouver, se retrouver et se reconnecter à elle-même, à son essence, à son Moi identitaire de Lumière, à sa vraie vie, à sa véritable famille.
Quand son combat intérieur prendra fin et qu’elle cessera de lutter contre elle-même, l’épuisement la poussera à capituler. Alors, enfin, elle verra qui elle est vraiment.
Certaines batailles méritent d’être menées ; d’autres, dès que l’on cesse de s’y perdre, nous ouvrent enfin les portes de nous-mêmes.
Si vous êtes, vous aussi, plongé dans cette obscurité, ce vide et cette lassitude, souvenez-vous que la porte ne s’ouvrira qu’après vous être retrouvé au plus profond de vous-même.
La petite étincelle de vie et de Lumière n’est jamais bien loin pour vous rappeler que l’on ne vous a jamais abandonné.
Après cette longue traversée du désert et de l’obscurité, vous verrez alors la lumière au fond du tunnel et, là, vous vous trouverez enfin.
Si vous traversez aujourd’hui l’un de ces passages de profonde transformation, sachez aussi que vous n’êtes pas obligé de le traverser seul.
J’accompagne depuis de nombreuses années les consciences sur ces chemins de transformation, dans ces passages où les anciens repères s’effondrent alors que les nouveaux ne sont pas encore apparus.
Je connais certains de ces chemins pour les avoir moi-même traversés, parfois bien avant de pouvoir en comprendre le sens ou d’en transmettre les enseignements.
C’est aussi là que se trouve ma place : ouvrir le chemin, en éprouver les passages, puis accompagner et guider ceux qui arrivent derrière moi afin qu’ils ne se sentent plus seuls lorsqu’ils auront, à leur tour, à les traverser.
Avec tout mon amour et ma bienveillance,
Matéana
Ce texte fait partie des enseignements d’Ooniaterra et demeure la création de Matéana pour Ooniaterra.
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